Originaire des Comores, Dhoiharati MZE a franchi océans et frontières, portée par un seul rêve : offrir un avenir meilleur à son fils. De Mayotte à l’Ardèche, son parcours témoigne d’une volonté inébranlable. À Aubenas, elle a intégré une formation à l’INFREP avec une détermination lumineuse : avancer, coûte que coûte.
Née aux Comores dans une famille nombreuse de sept enfants, Dhoiharati a grandi auprès d’un père pêcheur et d’une mère dévouée. « Ma mère a fait beaucoup pour nous », murmure-t-elle avec gratitude. Son parcours scolaire, orienté vers les lettres, s’achève avant l’obtention du baccalauréat ou du brevet.
En 2015, poussée par l’espoir d’un lendemain meilleur, elle quitte son archipel natal pour Mayotte. Là-bas fleurit une histoire d’amour, qui lui donne un fils. Mais le destin frappe cruellement en 2017 : le père de l’enfant décède. Son fils n’a que deux ans. Soudain seule, sans ressources, Dhoiharati affronte la précarité, alternant entre nuits à la rue et hébergement chez des amis. Elle survit grâce à des emplois précaires, notamment dans le ménage. Malgré l’adversité, elle obtient trois titres de séjour successifs et refuse catégoriquement de retourner aux Comores. « Quand le père de mon fils est décédé, c’était difficile, mais je me suis dit que j’allais y arriver. » Elle persévère à Mayotte jusqu’en 2023, économisant chaque centime possible.
Décembre 2023 marque un retour temporaire aux Comores avec son enfant. En mars 2024, elle tente l’aventure tanzanienne, qui se solde malheureusement par un échec. Loin de se décourager, elle se répète comme un mantra : « Je fais ça pour mon fils, ma famille, pour moi. Je ne me laisse pas décourager ». Elle regagne les Comores, confie son trésor à sa famille, et s’envole seule vers la France.
Son odyssée débute en juin 2023. Le chemin est semé d’embûches : deux semaines d’arrêt à Dubaï, une semaine en Arabie Saoudite, des jours d’angoisse sans nouvelles de son enfant. Inébranlable, Dhoiharati poursuit jusqu’en Italie, puis atteint Nice. Sur le sol français, elle n’a rien : ni toit, ni emploi, ni ressources. Direction Lyon. En septembre, sa famille mobilise ses forces pour que son fils la rejoigne. Leurs retrouvailles sont douces-amères : deux semaines à la rue, à La Pardieu. Puis survient un miracle : une connaissance de Mayotte la reconnaît, l’accueille à Privas, et une assistante sociale prend le relais.
Payzac, en Ardèche, devient son havre pendant une année. Entourée de bienveillance, dans un cadre stable, elle aspire à se former. Sa conseillère France Travail l’oriente vers l’INFREP, où elle est acceptée pour sa toute première formation vers la certification CLéA. Les débuts sont ardus. Le sentiment de décalage et le découragement la guettent, mais sa formatrice devient son phare, l’aidant à progresser pas à pas. Elle apprivoise l’informatique et exprime sa gratitude envers l’INFREP et France Travail. Si la certification CléA lui échappe, elle considère ce parcours comme précieux.
Aujourd’hui, Dhoiharati cherche activement un emploi avec une détermination renouvelée. « Je vais travailler pour y arriver », affirme-t-elle. Son fils approche ses dix ans. Aubenas offre des perspectives, mais l’absence de permis limite ses options. Qu’importe, elle persévère. Si le succès tarde, elle envisage une nouvelle formation, notamment en mathématiques. Les paroles de son défunt compagnon résonnent encore : « Je vais me battre jusqu’au bout pour aller en France ». Et c’est exactement ce qu’elle fait.
La certification CléA valide un socle de compétences essentielles dans l’univers professionnel : maîtrise du français, raisonnement logique, compétences numériques, capacité à travailler en équipe, autonomie… Dispensée par l’INFREP, cette formation permet d’évaluer ses acquis, combler ses lacunes et progresser. Elle s’adresse particulièrement aux personnes peu qualifiées, en recherche d’emploi ou en reconversion. Cette certification constitue un précieux marchepied vers l’emploi ou d’autres formations qualifiantes.
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